thèse de doctorat en architecture

Perspective écologique des principes fondamentaux du projet architectural

2022 – Obtention d’un contrat doctoral du Ministère de la Culture

École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble – Laboratoire AAU Cresson

Sous la direction de Céline Bonicco-Donato – Co-encadré par Dominique Putz

L’architecture, comme modalité d’habitation du monde qui nous entoure, révèle, influence, et subit les enjeux environnementaux qu’entraîne notre présence dans ce monde. Mon sujet de doctorat propose un questionnement croisé de l’architecture et de l’écologie : éclairée par des apports pluridisciplinaires (philosophie, psychologie, sciences sociales…), cette mise en relation vise à dégager les principes essentiels qui structurent notre manière d’habiter le monde. Pour ce faire, il s’agit dans un premier temps de réinterroger ce qu’est l’architecture pour entreprendre sa dimension « d’art relationnel » : la problématique de protection et d’intégration réciproque de l’être humain et du monde. Le projet architectural ainsi compris ouvre la possibilité d’une réponse à l’enjeu écologique non plus comme une crise paramétrique de la gestion du monde mais comme un effondrement de notre relation perceptive et affective avec le monde, relation dont l’architecture serait un vecteur, si ce n’est le vecteur principal, en conduisant l’homme à apprécier l’espace « naturel » auquel il s’intègre. Pour la production de la discipline, il s’agit d’entendre la problématique relationnelle entre l’humain et le monde comme une dimension fondamentale. Construire une pensée et une pratique architecturale à même de questionner cette relation en elle-même, dans ce qu’elle porte, à partir notamment des notions de conceptions fondamentales (masse et ossature), de postures (protection et intégration), de dispositifs et de figures (qui composent cette conception), et d’atmosphère, comme éléments de projet susceptibles de conduire une telle « relation », permettra de repenser concrètement les fondements de la pratique dans son ensemble vis-à-vis des enjeux environnementaux. Pour la réflexion écologique actuelle, il s’agit d’étendre la question de notre relation au milieu au-delà de paramètres physiques à traiter, afin de poser par l’architecture et de manière satisfaisante, durable, et non plus opportune, le sujet de l’écologie comme crise de notre place dans le monde ; le sujet de l’être et du devenir. En somme, il s’agit de poser la question de ce que l’architecture a à dire à l’écologie. C’est précisément cette attention à notre positionnement harmonieux dans le monde – attention portée à la qualité de notre insertion sensible dans l’espace « naturel » –, qui constitue une authentique recherche esthétique, au sens étymologique du terme : une quête de perception, de sensibilité, de résonance. Car elle soulève la question d’une qualité sensible de l’architecture écologique, par la résonance de l’architecture (et, à travers sa médiation, de l’être humain), avec le monde (disons son écosensibilité).

E. R.